Edito

Inflation...incidences sur le secteur du BTP

Les entreprises qui participent aujourd’hui à des appels d’offres se posent légitimement bien des questions sur les niveaux de prix auxquels elles peuvent répondre. Flambée des prix de matériaux de construction, volatilité des prix, demande de revalorisation des salaires ouvriers et ETAM en lien avec une inflation qui n’est plus maitrisée, incertitude sur le niveau de commande publique… autant d’ingrédients qui rendent la formation des prix très compliquée.

Les périodes où l’activité est faible accroissent la concurrence que se livrent les entreprises pour obtenir des chantiers. Pour beaucoup d’acteurs, décrocher une affaire devient une question de vie ou de mort. Les entreprises qui sont dans cette situation sont trop souvent tentées de répondre à des prix qui n’assurent pas une rentabilité minimum.

Du côté des maîtres d’ouvrage, les délais de désignation des entreprises attributaires des marchés de travaux dépassent allègrement les durées de validité des offres. Ces délais sont par ailleurs très souvent excessifs atteignant parfois 120 jours, soit 4 mois. Certes, il peut exister des mécanismes d’actualisation des prix prévus au cahier des clauses administratives générales (CCAG) mais ces actualisations de prix font toujours l’objet de négociations acharnées, le plus souvent défavorables aux entreprises.

Comme tous les syndicats d’employeurs du BTP et les fédérations nationales, le SEBTPAM milite pour réserver les marchés à prix ferme et définitif à des opérations de très courte durée, pour lesquelles les approvisionnements peuvent être maitrisés. Les indices de révision des prix utilisés dans les marchés de travaux « martiniquais » sont en effet des indices nationaux qui ne prennent que partiellement compte des réalités locales de la formation des prix. Les frets maritimes et l’octroi de mer ne sont pas pris en compte dans l’établissement de ces indices nationaux et cela fait une différence importante pour certains matériaux de construction.

Dans le contexte actuel, toutes parties prenantes prennent des risques importants. Seul un retour un retour à un niveau d’activité soutenu permettra de stabiliser une situation bien compliquée pour le secteur du BTP martiniquais.

Steve PATOLE, 
Président du SEBTPAM